Par Jean Pierre
et Dominique
Journal du Festival 2008 n°2 le 22-07-2007
« A toi, cher Public averti, d’ouvrir tes oreilles et
d’avoir le courage de penser : cette musique me plaît ou me
déplaît. Qu’i n’y ait entre ma musique et toi
aucun intermédiaire plus ou moins intéressé, à
orienter tes conclusions. Souviens-toi que tu es composé d’êtres
humains libres, et non de robots obéissants. Ecrase de ton fondement
puissant le snobisme, la mode et les envieux. Et laisse-toi aller à
ton plaisir, si tu en éprouves. »
Cette maxime, écrite par le compositeur Jean Françaix s’applique
parfaitement à notre large et sympathique public et plus particulièrement
lors du concert de St Polgues.
Concert de St Polgues 19 juillet église
« Scotché » ; « inouï » ; «
bluffant » ; « extraordinaire » ; « merci de nous
faire découvrir de pareilles merveilles » ; « quand
vont-ils enregistrer » : telles sont les paroles entendues de la
part d’un public émerveillé après avoir écouté
ce concert, notamment la prestation de Willy dans le Pasculli ! Pour resituer
ce compositeur, Antonio Pasculli, il suffit de dire que les compositions
de ce virtuose du hautbois (né à Palerme en 1842) étaient
redoutables. Elles ne sont qu’enchainement de trilles, arpèges
et gammes chromatiques obligeant le hautboïste à la respiration
circulaire : En effet, à aucun moment, il n’est possible
de prendre une respiration sans voir la pièce perdre tout son sens
lié à la virtuosité. Seuls Omar Zoboli au début
du XXème siècle, et Yeon-Hee Kwak à Naples ont eu
la témérité de graver une partie des fantaisies.
Willy, ce soir en a offert une à son public.
L’enthousiasme était également à son comble
avec des œuvres sorties des archives de Compiègne, un vrai
régal : Sur les airs de Rossini (L’Italienne à Alger),
trois musiciens au sommet de leur art ont permis de découvrir un
nouveau répertoire. Complicité, osmose des trois musiciens
avec un Dominic Faricier plein de vivacité, de précision,
Guillaume Bidar bassoniste couronné cette année par la réussite
(Poste de soliste à l’orchestre de Mulhouse, Révélation
ADAMI des jeunes talents 2008) et Willy.
Les Musiciens ont exprimé une véritable jubilation en interprétant
le triode Jean Françaix. Dès la dernière note du
concert, le public était debout, hurlant son enthousiasme. Bravo
au public. Il aurait été un peu plus nombreux, cela aurait
pu … Mais ne boudons pas le plaisir du public présent et
des musiciens ! Les absents ont toujours tort.
Un privilège très réussi complétait cette
soirée chez le Maître Artisan Chocolatier Bernard Laberge
dont le framboisier (aux framboises de la ferme biologique du Phaux à
Noirétable), ses chocolats, le tout arrosé d’un petit
cidre de St Just en Chevalet laisseront un souvenir ému.
Moment musical au Château de la Roche
Trois musiciens cernés par la Loire, du vent, ce qui a valu quelques
belles envolées de partitions. Un public attentionné et
surpris de la qualité des musiciens du festival. Noël, Paul
et Tae-Mi ont pu faire apprécier ces belles pages de musique classique
que sont les trios à cordes de Sibélius, Berkeley et Beethoven.
Accueil en tout point remarquable et lieu féérique
Concert d’ouverture de l’Allier à Châtel
Montagne église
Pour un concert d’ouverture, ce concert ne pouvait être plus
réussi et les qualificatifs me manquent pour décrire ce
moment de plaisir musical intense !
En premier lieu, une voix, « unique et qui ira très loin
» selon les propos avisés de Josette Alviset (Conservatrice
du musée de l’Opéra à Vichy et grande connaisseuse
des voix) : celle de Béatrix Robein Mezzo-soprano lyrique qui a
ébloui cette première partie de concert avec des mélodies
de Fauré, Poulenc, Brahms et un bis remarquable « Je ne t’aime
plus » de Kurt Weil. Elle était accompagnée de la
manière la plus juste par Dominic Faricier au piano puis Dominic
et Delphine Anne à l’alto dans le Brahms. La deuxième
partie s’annonçait difficile après un tel bonheur.
Et bien la barre étant placée très haute, Julien
Chabod à la clarinette, Delphine et Dominic ont eu l’audace
de proposer des fantaisies de Max Bruch : de véritables bijoux
que ces fantaisies, et le public a été ravi de découvrir
ce répertoire interprété, il faut le dire de façon
exceptionnelle.
A la musique, aux interprètes, il faut ajouter, le lieu, divin
et le public (l’église était comble) enthousiaste
et chaleureux. Merci et bravo à tous ceux qui ont œuvré
pour la pleine réussite de ce concert.
Dernière minute :
Attention, sur la billetterie du concert de Vougy, le billet comporte
une erreur de date : la bonne date est le 15 07
le 19 juillet 2008
Bonjour : quelques nouvelles de ce début de festival 2008:
Premier récital sur la Loire chez M et Mme Mirimanoff jeudi.
Un immense succès à plus d’un titre ! Accueil extraordinaire avec
une vedette, le piano de Caruso, sublime dans sa livrée, au son profond.
Dominic Faricier a pu nous enchanter par un programme (bien sûr
différent de ce qui tait prévu) ecclectique balayant le romantisme
jusqu’aux chansons des années 50. Il était intéressant d’avoir ses commentaires
sur la mécanique (entièrement restaurée) datant d’un siècle
de ce piano.
Et puis, la surprise : Béatrix Robein, alliant une voix grave,
généreuse, une interprétation à la fois emprunte de romantisme dans Schumann,
sachan tréconcilier tout les spectateurs sur ses interprétations de Fauré
et
Poulenc, et dérouler des chansons américaines avec plaisir, volupté :
le « Je ne t’aime pas » qui fut bissé, un rare moment musical.
De plus Béatrix vit ses interprétations avec de la grâce, de la fougue
et
un sourire enivrant.
Pour ma part, je me réjouit de l’entendre à nouveau à Châtel dimanche.
80 personnes ravies, venant pour certaines de St
Etienne ou de la Saône et Loire, la plupart d’entre elles venues sur
invitation personnelle de M et Mme Mirimanoff ont été comblées par ce
véritable concert, complété par un délicieux buffet dinatoire avec petites
tables et chaises disséminées dans la pelouse baignée par des couleurs
de fin de journée magiques.
Bravo aux musiciens, M et Mme Mirimanoff et…le piano.
Concert de Billy Un des plus beaux moments musical auquel j’ai
pu assister
: Un lieu magique : Imaginez la cour du château aux couleurs du soleil
couchant, une centaine de spectateurs bien installés sur des chaises
posées à même la pelouse et légèrement en contrebas, une estrade qui
s’est ensuite éclairée la nuit venue, bordées des couleurs chaudes de
l’illumination du château. Un ciel clair devenu étoilé sous une lune pleine.
Même la chouette était présente ayant été précédée par le vol des
étourneaux et la valse des pigeons.
Les musiciens ? Transcendés par le lieu et l’enthousiasme du public.
J’ai eu l’impression d’écouter un autre programme qu’à Ambierle et
pourtant, c’était le même ! Beaucoup d’enfants qui pouvaient à loisir
gambader sur la pelouse mais souvent hypnotisés par la prestation de 008.
Lors de l’interprétation des ouvertures de Mozart, on s’est senti à Aix
en
Provence, attendant l’arrivée du premier acte des Noces de Figaro.
Plusieurs bis, dont le Piazzola revu à la sauce « Symphonie des adieux
de
Haydn », une merveille.
De même le Gymnopédie de Satie avec le son du hautbois sortant d’une
tour du château ! Et puis il y a la formidable équipe de Billy qui a orchestré
de main de maître cette soirée : quand on rentre dans Billy, des grandes
affiches sobres mais bien visibles nous invitent au concert.
A l’entrée le sourire de Marie Pierre et Charles, une présentation de
Mme
Chauvet. Il est des soir où tout se conjugue pour un moment d’intense
bonheur ! Mais cela se prépare en amont et bravo à l’équipe de Billy.
Vous l’aurez compris, le public a été plus que chaleureux et enthousiaste.
Prochain rendez-vous : ce soir Dimanche à Commelle église de Vernay
avec un trio de choc : Dominic au piano, Willy au hautbois et Guillaume
au basson.
Demain Châtel, concert d’ouverture de l’Allier avec Dominic au piano,
la
présence et la voix magique de Béatrix, Julien à la clarinette et Paul
à
l’alto. Quatre solistes exceptionnels!
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